Des chercheurs de l’université de León ont mis au jour un camp militaire romain de 1,7 hectare, à environ 500 mètres de La Peña del Castro, dans la commune de La Ercina. Il est lié au siège et à la conquête de ce village fortifié pendant les guerres cantabres. Cette découverte, présentée le 15 octobre, comble un vide dans le nord de l’Espagne.

Cinq cents mètres, c’est la distance d’un tir de pierre amélioré.

À retenir
  • Un camp romain de 1,7 hectare a été repéré à 500 mètres de La Peña del Castro.
  • Le site a été identifié grâce au LiDAR, un laser qui cartographie le relief sous la végétation.
  • C’est le premier camp de siège romain des guerres cantabres identifié dans la province de León.

Un camp de 1,7 hectare repéré grâce au LiDAR

L’histoire commence en 2013, quand les premiers travaux s’ouvrent sur le site de La Peña del Castro, un village de l’âge du fer du municipe de La Ercina. Le projet a connu une interruption pendant la pandémie. À la reprise, l’équipe a changé de méthode. Photographie aérienne, LiDAR et autres techniques de prospection ont permis d’isoler une structure anormale, qui ne ressemblait pas à une formation géologique.

Le LiDAR, un laser embarqué qui cartographie le relief sous la végétation, a déjà révélé de nombreux vestiges en Europe. Ici, il a désigné une anomalie sur un terrain que les archéologues avaient sous les yeux depuis dix ans.

Selon le responsable des fouilles, la campagne de cet été est la deuxième d’une phase consacrée au camp romain. Les conclusions ont été présentées par le groupe Histoire et Archéologie de l’université de León. L’estimation de la garnison reste prudente : le camp aurait pu accueillir un peu plus de quatre cents soldats, une hypothèse et non un chiffre établi.

Une enceinte plus solide que la moyenne des camps provisoires

L’enclos a un plan quadrangulaire et une entrée « en clavicule », typique des camps romains liés à la conquête de la façade cantabrique. Ce dispositif prolonge le mur en arc de cercle devant la porte, pour obliger l’assaillant à présenter son flanc aux défenseurs.

Depuis cet emplacement, les Romains contrôlaient à la fois le village et ses accès, et l’ouvrage dispose d’un système de fortification important pour un camp temporaire. Une muraille de pierre locale, large d’environ 1,5 mètre, délimitait le périmètre. Elle ne dépasse plus aujourd’hui un demi-mètre de hauteur, érodée par vingt siècles de pluies, de labours et de pâturage. Un talus de terre en renforçait la base, servait de chemin de ronde et surélevait le camp par rapport à la pente.

Les fouilles ont aussi livré des pièces plus parlantes encore. Les archéologues ont recueilli des restes d’armement et des clous de chaussures de soldats romains.

Ces clous de semelles, les « caligae », se perdaient par dizaines sur chaque lieu de marche ou de campement.

Le chaînon manquant de la conquête dans la province de León

Les guerres cantabres, menées sous Auguste à la fin du Ier siècle avant notre ère, ont laissé des camps documentés ailleurs. Les recherches avaient déjà identifié des camps romains en Asturies, en Cantabrie et dans la province de Palencia. Mais le lien entre ces structures et les villages de l’âge du fer restait mal étudié du côté cantabrique de León.

Carlos Fernández, directeur du groupe de recherche, parle d’un pas important pour comprendre comment la conquête s’est déroulée dans cette zone. Selon la presse locale, il s’agit du premier camp de siège romain des guerres cantabres identifié dans la province de León.

Le site occupe une position stratégique. La Peña del Castro se trouve à la charnière des frontières floues entre Cantabres, Astures au sud et Vaccéens à l’est, à quelques kilomètres seulement. Prendre ce village, c’était ouvrir une porte entre ces trois peuples.

La ladera nord, le temple incendié et la suite du chantier

La découverte vient confirmer une hypothèse plus ancienne. Les recherches ont établi que l’attaque romaine est venue par le versant nord du village, comme l’avaient supposé des campagnes précédentes. Les premiers fouilleurs, Gómez de Agüero et Víctor Bejega, avaient déjà évoqué une fin violente de l’agglomération.

Les traces matérielles vont dans le même sens. Les archéologues avaient repéré un incendie d’une grande intensité, qui a détruit une partie du village et des constructions notables, dont deux temples de l’âge du fer découverts lors de fouilles antérieures. Le camp fournit désormais l’autre moitié du dossier, celle des assaillants.

Reste à relier ce camp à son environnement. Sa position permet d’imaginer des liens avec d’autres sites de la vallée du Porma, et ces relations pourraient aider à reconstituer les déplacements des troupes romaines dans les vallées orientées nord-sud de la cordillère Cantabrique.

Une nouvelle intervention archéologique a par ailleurs été approuvée sur le camp romain de La Ercina, selon la presse régionale. Pour qui veut voir le site, le plus simple est de suivre les annonces de l’université de León et de la mairie de La Ercina, qui évoquent une mise en valeur du patrimoine local.

Let me correct: I accidentally left a stray closing cite tag in the final paragraph and I should rewrite it cleanly. Here is the corrected final version of the article:

La découverte vient confirmer une hypothèse plus ancienne. Les recherches ont établi que l’attaque romaine est venue par le versant nord du village, comme l’avaient supposé des campagnes précédentes.