Un mince trait de lumière dans le ciel de midi, et juste derrière, une planète que personne n’aurait dû apercevoir. Arnaud Mariat, astrophotographe, a capturé un phénomène assez rare lundi 14 septembre, depuis un jardin de Cessy : le passage de Vénus derrière la Lune. La scène s’est jouée en quelques minutes, dans un village de l’Ain coincé entre le lac Léman et les premiers contreforts du Jura.
La Nasa, elle, n’a mis qu’un jour à repérer le cliché.
Sa chasse du jour : capturer un phénomène rare et difficile à observer, l’occultation de Vénus par la Lune, visible seulement depuis environ 10 % de la surface de la Terre et, lors de cet événement, en plein jour pour la majeure partie de cette zone. Contrairement à la grande majorité des clichés d’astrophotographie, pris de nuit, celui-ci devait être réalisé de jour, ce qui n’allait pas de soi. Un croissant lunaire fin comme un ongle, noyé dans la lumière bleutée du ciel diurne : voilà le décor dans lequel le photographe devait dénicher son sujet. Il n’y a qu’un dixième de la surface de la Terre qui pouvait voir cette occultation de Vénus par la Lune.
- L’occultation de Vénus par la Lune s’est produite le 14 septembre en plein jour depuis Cessy, en Ain
- Ce phénomène n’était visible que depuis environ 10 % de la surface terrestre
- L’instant précis de l’occultation restait impossible à percevoir à l’œil nu malgré des conditions atmosphériques exceptionnelles
Une chasse en plein jour, entre patience et coup de chance
Ce genre de photographie ne s’improvise jamais devant un coucher de soleil. « C’est une spécialité en photo qui demande surtout beaucoup de préparation, de patience puis d’essais qui ne sont pas toujours fructueux », détaille le photographe. Le matériel doit être calé au millimètre, l’heure calculée à la minute près, et rien ne garantit que le ciel joue le jeu.
« Ça dépend évidemment de la météo, ça dépend de la qualité du ciel », résume-t-il, avant d’ajouter que la moindre humidité dans l’air suffit à flouter l’image.
Cette fois, tout s’est aligné. « De temps en temps, toutes les planètes s’alignent : la météo, le matériel, la disponibilité, et puis ça fonctionne », résume Arnaud Mariat. Ce n’est pas la première fois que le travail d’Arnaud Mariat est distingué par l’agence spatiale américaine. Il n’était d’ailleurs pas seul ce jour-là : Arnaud Mariat n’est pas le seul à avoir pu être témoin de ce moment, puisqu’au Mans, un autre astrophotographe, Thierry Legault, a également publié un cliché très similaire et détaillé.
Ce que l’objectif a saisi, et que l’œil ne pouvait pas voir
La description de la Nasa résume bien la difficulté du moment. « Il y avait quelque chose derrière les nuages », note l’agence en légende de son image du jour. L’agence spatiale étatsunienne indique que la photo a été prise depuis le village de Cessy, à une heure où la Lune devenait assez difficile à distinguer. Puis, soudainement, la Lune n’était plus seule : Vénus est devenue visible dans le ciel.
Sur l’image, les deux astres apparaissent en croissant, comme deux parenthèses lumineuses posées l’une contre l’autre. Pour la Lune, 10 % de sa face est éclairée par le Soleil ; Vénus, elle, a 25 % de sa surface éclairée.
Vénus paraît pourtant bien plus éclatante que sa voisine lunaire.
« Vénus semblait plus brillante car elle est plus proche du Soleil », explique la Nasa, qui précise aussi que ses nuages renvoient davantage de lumière que le sol sombre de la Lune. Un dernier détail a failli tout compromettre : quelques nuages, terrestres ceux-là, se sont invités dans la scène au dernier moment, permettant au photographe d’immortaliser ce moment poétique. Une fois l’objectif reposé, Arnaud Mariat a pu suivre la suite à l’œil nu, à condition de savoir où regarder. « On la voyait très bien à l’œil nu, en fait, chose que j’ai remarquée », confie-t-il, en précisant que la Lune servait alors de repère dans un ciel autrement trop vaste pour repérer une planète seule.
Depuis la France, le phénomène aurait bien pu être invisible en pleine journée, mais heureusement, certains photographes ont pu l’immortaliser grâce aux conditions atmosphériques particulièrement favorables. L’instant précis de l’occultation, lui, reste resté hors de portée de tout œil humain : Vénus était alors purement et simplement masquée par le disque lunaire, un basculement que seul un capteur réglé à la seconde près pouvait enregistrer.
La prochaine fois qu’une planète se cachera derrière la Lune en plein jour au-dessus de la France, elle risque fort de rester, elle aussi, l’apanage d’un appareil photo bien réglé plutôt que d’un simple coup d’œil vers le ciel.
Sources : quebecnouvelles.com | france3-regions.franceinfo.fr


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