Le cratère est bien réel, mais il ne représente aucune menace. McGetchin, 222 mètres de diamètre et environ 43 mètres de profondeur, s’est creusé sur la Lune au printemps 2024, et la NASA l’a rendu public en septembre 2026. C’est le plus grand cratère d’impact récent jamais identifié dans le système solaire.

Le mot « alerte » du titre est donc trompeur.

À retenir
  • Le cratère McGetchin mesure 222 mètres de diamètre et 43 mètres de profondeur, découvert via comparaison d’images d’archives.
  • L’impact s’est produit entre le 11 avril et le 22 mai 2024, détecté par la présence de matériaux fraîchement éjectés visibles sur la Lune.
  • Un impact de cette taille se produit environ une fois tous les 132 ans, ce qui affine les calculs de sécurité pour les futures bases lunaires habitées.

Une tache claire dans des images d’archives

Tout est parti d’une anomalie visuelle : une tache lumineuse entourée d’un halo sombre, sur la face visible de la Lune. Le chercheur Robert Wagner l’a repérée en octobre 2025, en comparant des mosaïques d’images de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), parfois espacées de plusieurs années. La NASA observe notre satellite avec cet orbiteur depuis 2009. Des clichés pris ensuite avec la caméra à angle étroit, dont une vue oblique du 3 mars 2026, ont permis de mesurer le relief.

Les dimensions donnent le vertige. Le cratère mesure l’équivalent de deux terrains de football américain en largeur, et sa profondeur approche celle de la Statue de la Liberté (46 mètres, du pied à la torche). Des médias le jugent même plus vaste que le Colisée de Rome.

Il porte le nom de Thomas R. McGetchin (1936-1979), géophysicien lunaire.

L’étude, signée Mark S. Robinson et ses collègues sous le titre « A new 222-m diameter lunar crater », a paru dans Science Advances le 16 septembre 2026. Les chercheurs estiment qu’un astéroïde ou une comète a frappé la surface. L’objet avait la taille d’un immeuble de trois à six étages.

Pourquoi parle-t-on de « six semaines » ?

Personne n’a filmé l’impact. Les scientifiques ont encadré sa date entre deux séries d’images, ce qui la place entre le 11 avril et le 22 mai 2024, soit une fenêtre d’environ six semaines. Le cratère n’a donc pas « poussé » pendant ce laps de temps : il s’est formé en quelques secondes, quelque part dans cet intervalle.

La méthode compte autant que la date. Un traitement informatique compare des séries d’images prises dans des conditions d’éclairage similaires, et c’est ainsi qu’une vaste zone de matériaux fraîchement éjectés est ressortie. Sur la Lune, sans atmosphère ni érosion par le vent ou la pluie, ces dépôts clairs restent visibles longtemps. Ils s’assombrissent pourtant peu à peu sous l’effet de l’environnement spatial, ce qui rend les impacts récents détectables seulement pendant un temps limité. Un cratère aussi grand, passé inaperçu pendant plus d’un an, rappelle que la surface lunaire n’est cartographiée de près que par intermittence.

Les scientifiques jugent l’événement rarissime. Selon l’estimation relayée par la presse, un impact de cette taille se produit environ une fois tous les 132 ans, soit « une fois par siècle » en gros.

Ce que cela change pour les futures bases

McGetchin est un laboratoire grandeur nature. Les géologues peuvent y étudier des roches fraîchement excavées, intactes, et mesurer comment un impact de cette ampleur remodèle le terrain autour de lui. Le cratère se situe près du bord est de la face visible.

Il y a aussi un enjeu pratique. Les États-Unis et la Chine préparent des bases habitées sur la Lune, et le rythme réel des impacts conditionne la conception des abris, le choix des sites et l’évaluation des risques pour les équipages. Un chiffre plus précis sur la fréquence des gros impacts affine ces calculs.

Le risque pour un habitat donné reste très faible : un impact de 222 mètres survient une fois par siècle sur toute la surface lunaire, alors que les petits impacts, eux, sont bien plus fréquents. La NASA continue de surveiller la Lune avec LRO, et chaque nouvelle série d’images peut révéler d’autres cicatrices récentes, comme McGetchin, passées inaperçues dans les archives.