2025 SC79 a été découvert le 27 septembre 2025 par Scott S. Sheppard, astronome à Carnegie Science, avec la Dark Energy Camera du télescope Blanco de 4 mètres installé au Chili. Cet astéroïde d’environ 700 mètres boucle un tour du Soleil en 128 jours seulement, et son orbite se loge presque entièrement sous celle de Vénus.

Sa taille équivaut à plus de deux tours Eiffel empilées.

À retenir
  • Son diamètre atteint environ 700 mètres.
  • Il boucle un tour du Soleil en 128 jours.
  • Son orbite se loge presque entièrement sous celle de Vénus.

Un caillou coincé entre Mercure et Vénus

Les astronomes rangent 2025 SC79 dans la famille des Atira, aussi appelés astéroïdes « intérieurs à Vénus ». Il n’est que le deuxième objet de ce type jamais trouvé, après 594913 Ayló’chaxnim, repéré en 2020. Autant dire que le club est restreint.

Les éléments orbitaux publiés donnent un demi-grand axe d’environ 0,496 unité astronomique et une excentricité de 0,45. Le calcul place son périhélie vers 0,27 UA et son aphélie autour de 0,72 UA, ce qui lui permet de croiser l’orbite de Mercure. Or Vénus se rapproche du Soleil jusqu’à environ 0,718 UA, si bien que les deux trajectoires se frôlent. Son aphélie dépasse parfois légèrement le périhélie de Vénus, ce qui signifie qu’il n’est pas totalement enfermé dans l’orbite de la planète et pourrait un jour la croiser.

La distance minimale entre les deux orbites (Venus MOID) est de 0,0146 UA, soit à peu près 2,2 millions de kilomètres. Une rencontre rapprochée avec Vénus suffirait à dévier l’astéroïde. Sheppard l’a lui-même souligné : ces coups de pouce gravitationnels pourraient l’envoyer sur une autre orbite, où il serait difficile à retrouver.

La Terre, elle, reste à bonne distance. La distance minimale entre son orbite et la nôtre atteint 0,29 UA, environ 44 millions de kilomètres, et son inclinaison de près de 17 degrés par rapport au plan de l’écliptique l’éloigne encore de notre trajectoire.

Le deuxième tour de piste le plus court connu

Mercure, la planète la plus rapide du système solaire, met 88 jours à faire le tour du Soleil. 2025 SC79 en prend 128. Le seul objet connu à tourner plus vite a été découvert en 2021 par l’équipe de Sheppard et boucle son orbite en 113 jours. Le classement varie selon les sources : certaines le placent troisième, deux astéroïdes tournant en 115 jours, mais Carnegie Science et la plupart des médias parlent de deuxième place.

Près de trois révolutions complètes par an.

Cette course folle a un prix. À cause de sa petite taille et de sa proximité avec le Soleil, l’astéroïde subit fortement l’effet YORP, une poussée liée à la lumière solaire diffusée par sa surface et à son propre rayonnement thermique. Ce phénomène peut accélérer la rotation d’un petit corps jusqu’à le fragiliser, voire le détruire à long terme. Les astronomes ignorent encore à quelle échéance, car l’objet n’a pas été suivi assez longtemps pour que sa rotation soit mesurée.

Pourquoi ces astéroïdes passent sous les radars

Presque tous les programmes de recherche d’astéroïdes balaient le ciel en pleine nuit, loin du Soleil. Les objets comme 2025 SC79, eux, ne sont visibles que pendant les brefs instants du crépuscule, juste avant le lever ou après le coucher du Soleil. La fenêtre d’observation se compte en dizaines de minutes, avec un ciel encore clair et une lumière rasante qui noie les objets faibles. Même la caméra DECam, l’un des instruments à grand champ les plus sensibles au monde, doit viser très près de l’horizon pour y parvenir.

Cette découverte s’est jouée en quelques jours. L’objet se déplaçait vite, Sheppard a donc compris qu’il devait être très proche du Soleil et qu’il fallait le réimager sans attendre, avant qu’il ne disparaisse dans l’éblouissement. Il a programmé de nouvelles observations depuis un camping en Pennsylvanie, où une connexion Wi-Fi lui a permis de télécharger les images et de calculer l’orbite.

Son orbite ne croise pas celle de la Terre.

Cela ne rend pas le sujet anodin. Avec 700 mètres de diamètre, l’astéroïde reste petit face à l’impacteur de Chicxulub qui a mis fin au règne des dinosaures, mais un tel objet provoquerait une catastrophe à l’échelle d’un continent. Un astéroïde de cette taille qui changerait d’orbite après une rencontre avec Vénus pourrait, en théorie, devenir un problème. Rien n’indique que ce soit le cas, mais Sheppard estime que de nombreux astéroïdes du crépuscule restent à découvrir, et qu’il faut couvrir le plus de ciel possible à cette heure-là pour les voir sortir de l’ombre du Soleil.

Un dernier point de prudence : l’orbite de 2025 SC79 reste imprécise. Son paramètre d’incertitude est de 8 sur une échelle qui va de 0 à 9, ce qui reflète un petit nombre d’observations. Seules de nouvelles mesures, quand l’astéroïde réapparaîtra dans le ciel du crépuscule, permettront d’affiner ses éléments orbitaux et de confirmer s’il reste bien à l’intérieur de Vénus.