La NASA a annoncé le 30 septembre 2026 la sélection de GIMLI, une mission chargée de vérifier si le puits des Marius Hills, sur la Lune, s’ouvre sur un tunnel de lave. Un radar, des capteurs sismiques et un gravimètre sonderont le sol depuis la surface, sans qu’aucun engin ne descende dans le trou. Le projet est dirigé par Than Putzig, du Planetary Science Institute (PSI), un organisme de recherche implanté en Arizona.
Pour l’instant, ni atterrisseur ni date de lancement ne sont officiellement désignés.
- Le puits mesure environ 65 sur 90 mètres et plonge d’au moins 34 mètres.
- La mission GIMLI combinera radar, sismique et gravimétrie, sans descendre dans le puits.
- Une cavité confirmée serait la première preuve sur place d’un tube de lave lunaire.
- Le lancement est envisagé vers 2031, sans atterrisseur encore désigné.
Un trou de la taille d’un terrain de football
Le puits s’ouvre dans l’Oceanus Procellarum, une vaste plaine de lave sombre située sur le bord occidental de la face visible. Il mesure environ 65 par 90 mètres, soit à peu près un terrain de football, et plonge d’environ 34 mètres, la hauteur d’un immeuble de dix étages. Certaines estimations vont jusqu’à 45 mètres de profondeur.
Découvert en 2009 par l’orbiteur japonais SELENE, connu au Japon sous le nom de Kaguya, il fait partie des quelque 300 puits recensés sur la Lune. Celui-ci se distingue par sa position, au milieu d’une rille sinueuse, l’un de ces longs chenaux que l’on attribuait autrefois à de l’eau. On sait aujourd’hui qu’ils peuvent naître de coulées de lave, parfois canalisées dans des tunnels souterrains. La NASA soupçonne donc un toit de tube de lave effondré, même si un impact a pu percer la voûte.
Ces tunnels se seraient formés quand la Lune était encore volcaniquement active, il y a entre 3,8 et 3 milliards d’années. Lorsqu’une coulée se fige en croûte pendant que la roche liquide continue de s’écouler dessous, elle laisse un conduit vide, et un effondrement local ouvre alors une lucarne que les planétologues appellent « skylight ».
Des indices plaident pour cette lecture. En 2017, une équipe exploitant le sondeur radar de Kaguya a rapporté des échos près du puits, interprétés comme un tube de lave intact, et des sites candidats coïncident avec des déficits de masse sur les cartes de gravité de la sonde GRAIL. Les ombres visibles sur les images orbitales suggèrent aussi un toit en surplomb. Aucun de ces éléments ne prouve que le trou mène quelque part.
Gareth Morgan, chercheur principal adjoint de GIMLI, a lui-même prévenu le 19 octobre 2026 qu’il ne fallait pas conclure que le puits ouvre sur un tube de lave. L’hypothèse, formulée depuis l’époque Apollo, n’a jamais été confirmée sur la Lune.
Radar, sismique, gravité : le trio de GIMLI
La charge utile réunit un radar à pénétration de sol, des capteurs sismiques, un gravimètre et des caméras qui photographieront la surface et les parois du puits. Un atterrisseur commercial, pas encore choisi, la déposera dans la région des Marius Hills, dans l’hémisphère nord lunaire, via le programme CLPS, par lequel la NASA achète des livraisons à des entreprises privées. Un rover, lui aussi à sélectionner, rejoindra ensuite le bord du puits pour commencer les mesures.
La sismique active est le pari le plus original. Than Putzig dit rêver depuis longtemps de réintroduire ces méthodes en science planétaire, où elles n’ont pratiquement pas servi depuis les premiers relevés des astronautes d’Apollo. Le gravimètre traque un déficit de masse, signe d’une cavité, tandis que le radar, développé avec l’Agence spatiale norvégienne, envoie des impulsions dans le sol. Aucun des trois n’est concluant seul : leur recoupement doit permettre d’estimer la forme et le volume d’un éventuel vide.
Than Putzig se montre confiant, puisqu’il anticipe la détection d’un tube de lave qui s’éloigne du puits. Un vide confirmé serait la première preuve obtenue sur place d’un tube de lave lunaire.
L’offre du PSI est restée sous le plafond de 40 millions de dollars.
Honeybee Robotics, filiale de Blue Origin, construit les caméras, le gravimètre et le système sismique. L’entreprise gérera aussi le projet et intégrera les instruments sur le rover et l’atterrisseur. GIMLI a été retenu avec deux autres charges utiles du programme PRISM, qui finance la science de surface. L’une d’elles, la station LEMS-SP pilotée par Mehdi Benna, de l’université du Maryland à Baltimore County, surveillera l’environnement du pôle Sud lunaire, notamment les impacts et l’activité sismique.
Un abri possible, pas encore au programme
À la surface de la Lune, rien ne protège les astronautes. Une cavité sous une voûte de basalte offrirait un bouclier naturel contre les radiations, les micrométéorites et des écarts de température de l’ordre de 250 °C entre le jour et la nuit lunaires.
Le calendrier de la NASA complique pourtant l’équation. L’agence concentre ses efforts sur une base au pôle Sud, où aucune trace de tube de lave n’a été trouvée. Les marges de manœuvre sont donc minces : d’après Aerospace America, les tubes de lave ne font pas partie de la planification actuelle des habitats. La recherche pourrait toutefois nourrir les projets futurs, et les Marius Hills se situent dans l’hémisphère opposé à celui de la future base.
Même sans caverne, la mission dirait comment le puits s’est formé.
Le nom GIMLI, acronyme de Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation, est un clin d’œil au nain amateur de cavernes du Seigneur des anneaux de Tolkien. Les plans actuels évoquent un lancement en 2031, selon Aerospace America. Soit vingt-deux ans après la découverte du puits par SELENE.
Sources : memesita.com | time.news


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