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Plus personne ne veut voir un Starship finir dans l’océan : voici ce qui remplace l’amerrissage dès le 14e vol

Plus personne ne veut voir un Starship finir dans l'océan : voici ce qui remplace l'amerrissage dès le 14e vol

Un Starship qui flotte pendant vingt-quatre jours dans l’océan Indien avant d’être remorqué jusqu’à une île australienne : voilà le genre d’image que SpaceX veut définitivement ranger au placard. Après le vol 13 du 24 juillet 2026, le vol suivant a été préparé alors que SpaceX continuait à travailler pour récupérer le vaisseau du vol 13, qui avait splashdown dans l’océan Indien et survécu à l’amerrissage en flottant. Résultat ? Un chantier de récupération digne d’une opération maritime, avec le vaisseau laissé à flotter en mer pendant plusieurs semaines avant d’être finalement récupéré par l’équipe de récupération environ 24 jours après le lancement. Trop lent, trop coûteux, trop éloigné de la promesse initiale. À partir du 14e vol, SpaceX change de méthode : place à la capture directe par la tour de lancement.

À retenir

  • Le vol 13 a laissé un Starship à flotter 24 jours dans l’océan Indien — SpaceX décide de ne plus jamais accepter ce scénario
  • Mechazilla, les bras mécaniques de Starbase, passe à l’étape supérieure pour attraper l’étage orbital en retour d’orbite
  • Une première mondiale attend : aucune agence spatiale n’a jamais capturé un étage orbital de cette manière

Pourquoi l’amerrissage ne colle plus au projet

Tout l’argument économique de Starship repose sur un mot : la réutilisation rapide. L’ensemble de l’argument économique de Starship, et par extension des missions vers la Lune et Mars, dépend de la réutilisabilité rapide. Un vaisseau qui amerrit dans l’océan nécessite des navires de récupération, une remise en état après exposition à l’eau salée et plusieurs jours de délai de rotation. Un vaisseau capturé par la tour peut théoriquement être inspecté, ravitaillé et relancé en quelques heures. Autant dire que l’écart entre les deux scénarios se compte en semaines, pas en heures.

Le vol 13 a justement illustré ce problème grandeur nature. Alors que les vaisseaux des lancements précédents s’étaient désintégrés après l’amerrissage, celui du vol 13 a survécu et flotté dans l’océan, obligeant SpaceX à travailler depuis lors pour le remorquer jusqu’à la terre ferme. Le 18 août, l’entreprise a annoncé avoir réussi à remorquer le vaisseau jusqu’à proximité de l’île Christmas, un territoire australien de l’océan Indien oriental, une équipe d’ingénieurs devant ensuite mener des analyses supplémentaires sur le véhicule en eaux plus calmes avant de tenter de le ramener à Starbase. Un vrai feuilleton logistique, à l’opposé de la cadence industrielle que vise Elon Musk.

Mechazilla passe à l’étage supérieur

La solution s’appelle Mechazilla, ces bras mécaniques surnommés « chopsticks » fixés à la tour de lancement de Starbase, au Texas. SpaceX les utilise déjà avec succès sur le premier étage : l’entreprise a capturé le booster Super Heavy avec ces bras à trois reprises, la dernière fois en mars 2025. Mais attraper le vaisseau supérieur, c’est une autre paire de manches. Capturer le vaisseau avec la tour plutôt qu’un amerrissage est une manœuvre nettement plus difficile : le vaisseau doit rentrer depuis une vitesse orbitale, survivre au pic d’échauffement, puis exécuter un retournement de précision suivi d’une capture au niveau du pas de tir. Concrètement, il ne s’agit plus d’un simple vol suborbital qui redescend après quelques minutes, mais d’un engin qui doit boucler un tour complet de la planète avant de revenir se poser au millimètre près.

Le feu vert est venu directement d’Elon Musk, juste après le splashdown réussi du 24 juillet. « Sauf si nous découvrons des problèmes après l’analyse des données de la mission, SpaceX tentera de capturer le vaisseau avec la tour lors du prochain vol », a annoncé le PDG de SpaceX sur X. Quelques jours plus tard, l’entreprise a confirmé que Mechazilla avait déjà capturé le booster Super Heavy à plusieurs reprises depuis octobre 2024, mais que capturer l’étage supérieur du Starship représentait un défi d’une nature totalement différente, exigeant ce que les 13 vols d’essai précédents avaient délibérément évité : faire un tour complet de la Terre. Une première mondiale, donc, puisque personne d’autre n’a jamais tenté de récupérer un étage orbital de cette manière, la Chine, avec son lanceur CALT, s’est pour l’instant contentée d’imiter la capture du premier étage.

Le booster, lui, pourrait encore finir à l’eau

Paradoxe amusant : pendant que le vaisseau vise la terre ferme, c’est peut-être le booster, pourtant rodé sur ce type de manœuvre, qui repartira vers l’océan. Le vol 13 a en effet laissé un goût amer côté premier étage. Le Super Heavy Booster 20 a réussi sa combustion de retour, avec les 33 moteurs Raptor allumés pour la phase de poussée élevée, mais la combustion d’atterrissage a échoué : sur les 13 moteurs centraux visés pour la combustion initiale, seuls 10 se sont allumés, et deux autres se sont arrêtés, laissant cinq moteurs actifs avant que le véhicule ne percute le golfe du Mexique à grande vitesse. Un atterrissage brutal qui oblige SpaceX à revoir sa copie.

Du coup, la prudence est de mise pour le prochain vol. SpaceX analyse actuellement la cause des défaillances moteur survenues lors de la combustion d’atterrissage du Booster 20, avant de décider comment configurer le profil de récupération du Booster 21 sur le vol 14. L’entreprise pourrait choisir d’envoyer le Booster 21 vers un amerrissage contrôlé dans l’océan plutôt qu’une capture par la tour, jusqu’à ce que la cause profonde de la défaillance soit comprise et corrigée. Une décision qui en dit long sur la philosophie de SpaceX : on n’avance jamais sur deux fronts à la fois quand un seul suffit à faire trembler les ingénieurs.

Ce qui reste à valider avant le grand saut

Techniquement, tout n’est pas encore joué. La zone d’atterrissage élargie nécessaire pour capturer le vaisseau doit encore recevoir l’autorisation de la FAA pour la zone d’atterrissage élargie nécessaire à la capture du vaisseau, en plus de l’achèvement des essais moteurs des nouveaux véhicules. Sur le plan réglementaire, plusieurs indices pointent dans la bonne direction : en août 2026, SpaceX a déposé plusieurs demandes d’autorisation temporaire spéciale auprès de la FCC, l’une d’elles précisant que le vaisseau et le booster reviendront tous deux au site de lancement.

Ce vol ne se limite d’ailleurs pas à une prouesse technique isolée. Il embarque un enjeu commercial concret : le vol 14 transporte le premier lot de satellites Starlink V3, censés délivrer dix fois la capacité de bande passante et la densité de données des générations actuelles. réussir la capture du vaisseau ne serait pas qu’un exploit d’ingénieurs devant les caméras : ce serait la validation d’un système capable de déployer, en un seul vol, une charge utile impossible à faire tenir dans une Falcon 9. La vraie question n’est donc plus de savoir si Starship peut voler, mais s’il peut le faire assez souvent pour changer d’échelle : Musk parie sur un vol quotidien d’ici un an, un objectif qui paraîtra soit prophétique, soit complètement décalé, selon ce qui se passera dans le ciel texan dans les prochaines semaines.