Vénus met environ 243 jours terrestres à boucler un tour complet sur elle-même, ce qui est plus long que son année, qui ne dure que 225 jours : une journée vénusienne dure plus longtemps qu’une année entière sur cette planète. Ce n’est pas le résultat d’un caprice récent du cosmos. Selon l’hypothèse aujourd’hui privilégiée par la communauté scientifique, c’est un objet céleste qui a percuté la planète il y a plusieurs milliards d’années qui a figé sa rotation dans cet état improbable.
Vénus tourne aussi à l’envers, dans le sens opposé à la majorité des planètes du Système solaire.
Ce comportement est resté totalement invisible pendant des siècles, dissimulé par un manteau opaque de nuages d’acide sulfurique qui interdisait toute observation directe de la surface. Il a fallu attendre des observations radar menées par le Jet Propulsion Laboratory en 1962 pour s’affranchir de cette couche nuageuse et découvrir que la planète possède une rotation rétrograde, avec une période de 243 jours. Une surprise de taille pour des astronomes qui s’attendaient à une rotation classique, semblable à celle de la Terre ou de Mars.
- Vénus effectue une rotation complète en 243 jours, soit plus que la durée de son année qui est de 225 jours.
- Une collision géante survenue il y a plusieurs milliards d’années aurait initialement perturbé la rotation de la planète.
- L’atmosphère dense de Vénus agit comme un frein qui ralentit la rotation et empêche la planète d’être verrouillée face au Soleil.
Un objet venu d’ailleurs, il y a des milliards d’années
Une étude publiée en août 2026 propose une version particulièrement spectaculaire de ce scénario. Vénus aurait eu sa propre lune, née d’une collision géante comparable à celle qui a formé la nôtre. Sur Terre, la rotation rapide de la planète transfère du moment angulaire vers son satellite, qui s’éloigne de quelques centimètres chaque année. Sur Vénus, la réalité physique s’avère radicalement opposée : dans ce contexte de rotation lente, l’énergie ne s’éloigne pas mais revient vers l’intérieur, et le satellite naturel aurait ainsi transféré son énergie vers la planète, réduisant son orbite au lieu de s’en écarter.
Le compagnon vénusien aurait fini par être englouti par la planète qu’il éclairait autrefois. Sa destruction pourrait aussi expliquer le destin géologique et climatique de Vénus, une planète qui a connu des océans d’eau liquide et des températures tempérées pendant près de deux milliards d’années avant de basculer vers un état de fournaise, avec des températures dépassant aujourd’hui 460 °C.
Des simulations numériques publiées en 2025 confirment la plausibilité de ce type de collision. Des chercheurs ont testé des impacteurs différenciés représentant jusqu’à 10 % de la masse de Vénus, à des vitesses comprises entre 10 et 15 km par seconde, selon différentes géométries d’impact. Leurs résultats montrent qu’un large éventail de scénarios de collision est compatible avec la rotation actuelle de la planète.
L’autre piste : un frein atmosphérique implacable
Une école de pensée rivale doute qu’un impact soit même nécessaire pour expliquer l’anomalie. Selon des calculs menés par l’astrophysicien Stephen Kane, de l’université de Californie à Riverside, une planète de la taille de Vénus aurait dû se retrouver verrouillée gravitationnellement par le Soleil, présentant toujours la même face à l’astre, en seulement 6,5 millions d’années. Or le Système solaire existe depuis 4,5 milliards d’années, une durée sans commune mesure avec ce délai. Si rien n’avait perturbé ce verrouillage attendu, Vénus tournerait depuis longtemps comme la Lune autour de la Terre, figée face au Soleil.
Son épaisse atmosphère de dioxyde de carbone change complètement la donne.
Des vents extrêmement puissants font traîner l’atmosphère le long de la surface de la planète en circulant, ralentissant sa rotation tout en desserrant l’emprise gravitationnelle du Soleil. Sans cette atmosphère dense et rapide, Vénus serait probablement immobilisée, toujours tournée vers le Soleil comme la même face de la Lune fait toujours face à la Terre. Un frein de plusieurs dizaines de kilomètres d’épaisseur qui, à sa manière, sauve la planète d’un blocage total.
Deux hypothèses qui finissent par se rejoindre
L’explication la plus plausible aujourd’hui combine les deux pistes : un impact primordial aurait initialement perturbé la rotation de Vénus, avant que les marées solaires et les effets atmosphériques ne prennent le relais sur des milliards d’années. la collision aurait donné le coup d’envoi, et l’atmosphère aurait sculpté le résultat final que l’on observe aujourd’hui.
La rotation de Vénus n’est d’ailleurs pas figée pour de bon. Les mesures accumulées montrent une durée du jour qui a varié d’environ sept minutes en quarante ans, un changement attribué au couple exercé en permanence par la dense atmosphère de la planète. Même après des milliards d’années, Vénus continue donc d’ajuster sa vitesse de rotation sous l’effet du même mécanisme qui, selon certains chercheurs, aurait empêché son blocage total face au Soleil.
Sources : news.ucr.edu | sciencepost.fr | nouvelles-du-monde.com


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