Idefix, le rover franco-allemand du CNES et du DLR, sera le premier engin à rouler sur Phobos, mais pas à la minute où MMX arrive. La sonde japonaise décolle dans quelques jours, puis devra patienter environ dix-huit mois en observation autour de la lune martienne. Le largage du rover est attendu autour du passage entre 2028 et 2029.
Le décollage est prévu dans moins d’une semaine.
- Le rover Idéfix descendra sur Phobos avant la sonde MMX.
- Le lancement de MMX est prévu le 20 octobre 2026 depuis Tanegashima.
- Sur Phobos, le rover ne pèsera que l’équivalent de 15 grammes.
Un départ fixé au 20 octobre depuis Tanegashima
Le lancement est programmé le 20 octobre 2026 à 4 h 41 min 3 s, heure japonaise, soit le 19 octobre à 21 h 41 à Paris. Une fusée H3 partira du Yoshinobu Launch Complex, au centre spatial de Tanegashima. La fenêtre de tir court jusqu’au 7 novembre si un report s’impose. La sonde MMX pèse environ 4 480 kg au décollage.
Le voyage vers le système martien durera environ un an. Le retour des échantillons de Phobos vers la Terre est visé pour 2031.
Idefix fait le trajet à bord de la sonde mère. Son transfert officiel à la JAXA a eu lieu le 7 mars 2024 à Kamakura, dans les installations de Mitsubishi Electric, où les derniers tests n’ont révélé aucune anomalie. En août 2026, la JAXA a présenté la sonde terminée au public.
Une reconnaissance avant l’atterrissage de la sonde
Phobos mesure environ 22 kilomètres de large, soit à peu près la distance entre Paris et Versailles prise en diagonale, en plus tordu. Sa surface reste une énigme pour les ingénieurs chargés de poser dessus un engin de 4 tonnes. Idefix descendra avant MMX pour analyser les propriétés du régolithe et réduire les risques de l’atterrissage et du prélèvement.
Personne n’a jamais posé le moindre engin sur Phobos.
Le rover emporte un spectromètre Raman (RAX), un radiomètre infrarouge miniaturisé (miniRAD), deux caméras de navigation et deux WheelCams tournées vers le sol pour observer l’interaction entre les roues et la poussière. Les caméras de navigation produisent des images stéréoscopiques jusqu’à l’horizon, avec une résolution de quelques millimètres à un mètre. Elles doivent aussi éclairer l’origine de la dichotomie de couleur de la surface, la nature de l’érosion spatiale et l’ampleur du transport de poussière. Un même cliché peut donc servir à la fois la géologie et la sécurité de l’atterrissage.
Derrière ces mesures, une querelle scientifique. Les moons martiennes pourraient être issues d’une collision géante avec Mars, ou être des astéroïdes de l’extérieur du Système solaire capturés par la planète. Le sol de Phobos, lu à la fois par Idefix et par les échantillons rapportés, devrait départager les deux hypothèses.
Vingt-cinq kilos qui n’en pèsent que quinze grammes
La gravité de Phobos est si faible que le rover, d’environ 25 kg, ne pèsera là-bas que l’équivalent de 15 grammes. C’est le poids de deux pièces de 1 euro. Rouler dans ces conditions n’a rien d’une promenade : un à-coup mal dosé et la machine risque de quitter le sol.
Les ingénieurs ont dû le qualifier pour les vibrations d’un lancement et pour des températures allant de moins 170 à plus 70 degrés Celsius. Le rover a été achevé en juillet 2023 et a passé avec succès ses essais de qualification spatiale. En novembre, quatre ingénieurs du CNES ont aussi testé un prototype près de Munich, sur une aire du DLR qui simule le terrain de Phobos.
Le DLR a fourni la structure, la locomotion et les instruments thermiques, tandis que le CNES s’est chargé des caméras, de l’avionique, de l’énergie et des communications. Le tout fonctionne à l’énergie solaire.
Son nom vient du chien d’Obélix, comme le logo de la mission l’assume.
De l’orbite à la surface : le calendrier
Le largage n’interviendra qu’après environ dix-huit mois d’observations de Phobos par la sonde. MMX lâchera alors Idefix en chute libre depuis une quarantaine de mètres d’altitude. Une fois posé, le rover se redressera seul avant d’entamer une phase d’environ trois mois sur la lune martienne. Les concepteurs prévoient au moins cent jours d’opérations.
Le prélèvement principal est ciblé pour 2029, avec au moins 10 grammes de matière. La capsule doit ensuite être récupérée en Australie, vers 2031.
Côté français, l’instrument MIRS, l’un des onze instruments scientifiques de la sonde, est développé au LESIA (Observatoire de Paris) avec quatre autres laboratoires : LAB, LATMOS, LAM et IRAP-OMP. Idefix n’est donc pas la seule contribution tricolore à ce voyage, et ses premières images de Phobos ne sont pas attendues avant la fin de 2028.
Sources : researchgate.net | archyde.com


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