Le 8 octobre 2026, à 17h34 heure de Paris, la capsule Crew Dragon Freedom a touché l’eau du Pacifique, au large de la Californie. À son bord, Sophie Adenot avait passé 237 jours dans l’espace, comptés depuis le lancement du 13 février 2026. Jamais un astronaute de l’Agence spatiale européenne n’avait effectué un vol aussi long en une seule mission.
Le navire de SpaceX Shannon a ensuite récupéré la capsule.
- Sophie Adenot a passé 237 jours dans l’espace, un record pour l’ESA
- Trois sorties dans le vide totalisent 19 heures et 42 minutes
- Trois semaines de réadaptation à Cologne suivent l’amerrissage
237 jours ou 235 : deux décomptes pour une même mission
Selon les médias, le compteur affiche 235 ou 237 jours. Le ministère des Armées parle de 235 jours en orbite, alors que le chiffre de 237 jours, 5 heures et 18 minutes court du décollage de Floride au retour sur Terre. Les deux décomptes décrivent la même mission, avec une date de départ différente.
Dans les deux cas, le précédent record européen tombe. Il appartenait à l’Italien Luca Parmitano, resté environ 201 jours dans l’espace lors de sa mission Beyond, entre juillet 2019 et février 2020. L’écart dépasse donc 35 jours. Sophie Adenot détenait d’ailleurs ce record depuis le 3 septembre, soit plus d’un mois avant d’avoir regagné la Terre. Le retour lui-même a pris du retard : le départ prévu le 5 octobre a été repoussé pour raisons météo.
Pour situer l’ampleur de la durée, un repère : l’équipage de l’astronaute canadien David Saint-Jacques a bouclé 3 264 tours de Terre en 204 jours, en 2019. À ce rythme, 237 jours représentent près de 3 800 tours autour de la planète. Le tout à environ 400 kilomètres d’altitude, à bord d’une station de la taille d’un terrain de football.
Trois sorties dans le vide en quinze jours
Le 18 août, Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. L’opération a mal démarré : des écrous récalcitrants ont causé de multiples retards. La sortie a duré 6 heures et 23 minutes, sans permettre d’installer la nouvelle antenne prévue.
Une deuxième sortie a donc été programmée. Elle a eu lieu le 25 août, de nouveau avec Anil Menon, pour remplir l’objectif initial : l’installation de l’antenne. Une troisième est venue le 1er septembre, cette fois avec l’astronaute américaine Jessica Meir. Au total, 19 heures et 42 minutes passées dans le vide spatial.
Claudie Haigneré y a vu, au lendemain de la première, une inspiration pour la jeune génération.
Côté chiffres, Sophie Adenot reste derrière certains collègues masculins : Thomas Pesquet et Luca Parmitano ont chacun réalisé six sorties. Mais seuls cinq Français ont jusqu’ici réalisé des sorties spatiales, et elle fait désormais partie de ce groupe restreint. Entre deux sorties, elle a aussi pris sa part d’un programme d’environ deux cents expériences menées pendant les expéditions 74 et 75.
Le corps à réapprendre : trois semaines à Cologne
Après l’amerrissage, un passage au centre de la NASA à Houston, au Texas, a précédé l’arrivée en Europe. La suite se déroule au centre européen des astronautes de Cologne, en Allemagne. Le programme dure trois semaines et mêle repos, temps avec les proches et exercices pour tonifier les muscles dorsaux et retrouver l’équilibre.
Un astronaute passé par là décrit la sensation à franceinfo. On se sent très lourd et très maladroit, et debout les yeux fermés, on tourne. Autre contrainte, bien concrète : interdiction de conduire, de faire du vélo ou de la moto.
Sophie Adenot a confié avoir eu la sensation de voir son corps vieillir plus vite dans l’espace. Lors de sa première prise de parole en Europe, elle a déclaré avoir traversé tout le spectre des émotions humaines, et ses larmes à l’antenne ont marqué les téléspectateurs. Le directeur de l’agence spatiale française se veut rassurant : au bout de quelques semaines, elle devrait se sentir tout à fait bien.
Cette mission n’était pas la fin d’un parcours, mais un début : la promotion 2022 de l’ESA, surnommée « The Hoppers », avait été choisie parmi 22 500 candidats, et ses membres sont formés pour l’ISS, mais aussi pour de prochaines expéditions vers la Lune.
Sources : aquitaineonline.com | canada.ca


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