Gros comme une grande boîte de céréales, SPARCS observe depuis début 2026 les éruptions des naines rouges, ces étoiles qui hébergent la plupart des planètes rocheuses potentiellement habitables. Le CubeSat a été lancé le 11 janvier et sa mission dure un an. Il doit mesurer la fréquence et l’intensité des flashs ultraviolets de ces étoiles, des données qu’aucun télescope n’a encore recueillies sur une telle durée.
- SPARCS observe depuis janvier 2026 les éruptions ultraviolettes de vingt naines rouges pendant plusieurs semaines chacune.
- Les naines rouges produisent des sursauts ultraviolets cent fois plus fréquents que le Soleil, capables de multiplier la luminosité par 14 000.
- Ces observations permettront de déterminer si les atmosphères des 50 milliards de planètes terrestres en zone habitable autour de naines rouges peuvent survivre à ces radiations.
Une boîte de céréales dotée d’un télescope
SPARCS (Star-Planet Activity Research CubeSat) est un format 6U de 30 x 20 x 10 cm au lancement. Il est parti de Vandenberg à bord d’une Falcon 9, en covoiturage avec les télescopes Pandora et BlackCAT de la NASA.
À bord, un télescope de 9 centimètres. Il alimente deux capteurs CCD optimisés pour l’ultraviolet, via un séparateur dichroïque, ce qui permet de suivre un même champ simultanément dans le proche et le lointain UV. Les bandes visées couvrent 258 à 308 nm pour le proche ultraviolet et 153 à 171 nm pour le lointain. L’ensemble tourne sur une orbite héliosynchrone aube-crépuscule, entre 500 et 600 km d’altitude.
Cette orbite autorise des pointages sans interruption sur plusieurs jours.
Pourquoi les naines rouges font peur aux astrophysiciens
Ces étoiles sont plus froides et plus discrètes que le Soleil, mais elles se rattrapent en colères. Leurs éruptions sont environ cent fois plus fréquentes que celles de notre étoile. Dans l’ultraviolet, un sursaut qui ne pèse que 1 % du flux de l’étoile en lumière visible peut multiplier la luminosité par 14 000.
Le record d’observation ultraviolette d’une naine rouge par Hubble ne dépasse pas 30 heures.
SPARCS change l’échelle. Le satellite vise 20 naines rouges, jeunes et vieilles, chacune suivie pendant une à trois rotations stellaires, soit de 5 à 30 jours. Les âges des cibles s’étalent de 10 millions à 5 milliards d’années, ce qui permet de comparer des étoiles très actives et des étoiles assagies.
L’enjeu dépasse la physique stellaire. Les étoiles de 30 à 70 % de la masse du Soleil sont les plus nombreuses de la Galaxie et abriteraient quelque 50 milliards de planètes terrestres en zone habitable. Or le rayonnement UV de ces astres peut éroder l’atmosphère de leurs planètes, et des simulations évoquent des flares qui font parfois grimper le flux XUV de plus de deux ordres de grandeur. Une planète à l’eau liquide en théorie peut donc se retrouver sans air ni océans en pratique, et seules des mesures sur la durée permettent de savoir à quelle fréquence ces sursauts frappent.
Premières images, premiers constats
Le 6 février 2026, SPARCS a transmis ses images de « première lumière », que la NASA a publiées le 12 mars. La première cible était HD 71262, une étoile de type K située à environ 650 années-lumière, dans la constellation du Sculpteur. La responsable scientifique, Evgenya Shkolnik, de l’Arizona State University, y voit la preuve que vaisseau, télescope et détecteurs se comportent comme lors des essais au sol.
Sur les images, l’étoile visible dans les deux bandes est la plus chaude.
La phase scientifique est lancée pour douze mois, et je n’ai pas trouvé à ce stade de résultats publiés sur les flares eux-mêmes. Les premières courbes de lumière devraient permettre de bâtir une nouvelle grille de modèles d’atmosphères de naines rouges, au repos comme en éruption.
SPARCS joue aussi un rôle de démonstrateur. Sa mission, à petit budget, doit montrer qu’une astrophysique à fort impact tient dans une plateforme minuscule, et les observations pourront servir d’appui à Pandora, qui a voyagé dans la même fusée pour caractériser des atmosphères d’exoplanètes.
Sources : academic.oup.com | eoportal.org


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