Aucun vaisseau Starship n’a encore été rattrapé en vol par les bras de la tour, et le vol 15 doit changer cela. Elon Musk l’a confirmé lors de l’événement X Takeover à Giga Texas, devant environ 2 000 personnes : SpaceX tentera de capturer l’étage supérieur. Ce serait la première récupération complète d’une fusée de classe orbitale.
Le décollage n’a pas encore eu lieu, et il n’est plus attendu avant la fin novembre.
- Le vol 15 tentera de capturer le Ship 42 en plein vol, une première pour un étage supérieur orbital.
- La date glisse vers fin novembre, avec un Booster 22 en tête de l’attelage.
- Musk estime les chances de réussite entre 50 et 60 %.
Une date qui glisse, un pari à pile ou face
Les premiers calendriers évoquaient un tir autour du 19 octobre. Musk parle désormais de quatre à six semaines et d’un lancement « probablement un peu avant Thanksgiving », soit avant le 26 novembre. Selon les informations relayées par la presse spécialisée, l’attelage serait formé du Booster 22 et du Ship 42, la quatrième paire de la version Block 3. SpaceX n’a publié aucun profil de mission détaillé à ce stade.
La date reste, de l’aveu même de Musk, une simple estimation.
Pour le booster, la reprise des tentatives de capture est le scénario le plus attendu, sans confirmation officielle. Un site de suivi des lancements souligne que SpaceX a déjà réalisé un test de capture simulé avec le Ship 42, ce qui laisse peu de doute sur l’ambition du vol.
Musk reste prudent sur ses chances. Il a évalué la probabilité d’une première capture réussie à « au moins 50 ou 60 % », donc une réussite qui n’a rien d’acquis. Les observateurs envisagent d’ailleurs qu’une capture jugée trop risquée soit abandonnée au profit d’un amerrissage contrôlé en mer.
Pourquoi le vaisseau est plus difficile que le booster
Trois boosters ont déjà été rattrapés, aucun vaisseau.
Le premier exploit date du 13 octobre 2024. Sept minutes après le décollage, le Super Heavy est venu se placer entre les bras de la tour, avec treize moteurs allumés au début de la descente et trois seulement au moment de la prise. Le Booster 14 a suivi en janvier 2025, puis le Booster 15 en mars de la même année. Côté vaisseau, le bilan de cette période est plus rude : le Ship 33 a explosé au-dessus des Caraïbes lors du vol 7, ce qui a provoqué des déroutements d’avions commerciaux, et le Ship 34 a été perdu au vol 8 après l’arrêt prématuré de quatre de ses six moteurs.
La physique explique cet écart. Le booster revient d’un vol court, alors que le vaisseau rentre dans l’atmosphère à des vitesses proches de celles de l’orbite, avec un bouclier thermique à préserver. Il doit ensuite se redresser et se présenter exactement face aux bras de la tour.
Le droit à l’erreur est mince. Une approche manquée près de la tour ferait peser un risque sur l’installation de lancement elle-même, un scénario que les observateurs listent explicitement parmi les issues possibles. Jusqu’ici, les vols d’essai de l’étage supérieur se sont terminés soit par un amerrissage contrôlé, soit par la perte du véhicule.
Le contraste avec la concurrence interne est frappant. Le 12 octobre, un Falcon 9 a posé son premier étage sur une barge au large de la Californie environ 8,5 minutes après le décollage, pour la 20e fois avec ce même booster. Starship vise une récupération sans barge ni jambes de train, directement dans les bras de la tour.
Ce qu’une double capture changerait
Le document d’introduction en Bourse de SpaceX, cité par la presse, décrit la Starship V3 comme un lanceur capable de placer 100 tonnes en orbite en configuration entièrement réutilisable. L’entreprise y affiche l’objectif de réduire le coût d’accès à l’orbite de 99 % ou plus par rapport à la moyenne historique.
Cent tonnes, c’est le poids d’une dizaine de bus à impériale lancés d’un coup. Le même document avance que les captures par la tour doivent permettre plusieurs lancements par jour, un rythme qui n’a de sens que si les deux étages reviennent en état de revoler. Rattraper le booster seul ne règle que la moitié de l’équation, et c’est le vaisseau, avec son bouclier thermique et ses moteurs exposés à la rentrée, qui reste l’inconnue.
Les enjeux dépassent l’économie de SpaceX. Les analystes rappellent que le rythme de Starship conditionne les atterrissages lunaires du programme Artemis et le déploiement de la constellation Starlink V3.
Ce qu’il faut surveiller d’ici le décollage
Trois signaux permettront de savoir si novembre est tenable : la publication par SpaceX du profil officiel de mission sur son site, les essais statiques du Booster 22 et du Ship 42, puis l’ouverture d’une fenêtre de tir. Tant que ces étapes ne sont pas franchies, toute date reste une hypothèse.
Musk a précisé que la liste des modifications est courte cette fois, alors qu’il s’agit souvent de centaines, parfois de milliers de petits changements, dont certains demandent encore beaucoup de travail.
Sources : teslarati.com | npr.org


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