À Parthenay, dans les Deux-Sèvres, une équipe d’archéologues a ouvert la terre au cœur du collège Le Marchioux. Sous les pelouses est réapparu un pan oublié de la ville : les fondations d’un ancien couvent de Capucins, construit au XVIIᵉ siècle et vraisemblablement abandonné au milieu du XVIIIᵉ siècle. Ces vestiges seront mesurés, photographiés et prélevés avant de disparaître sous les fondations du futur établissement scolaire.

Depuis le 6 juillet, les fouilles archéologiques ont débuté au collège du Marchioux de Parthenay.

À retenir
  • Les fouilles révèlent les fondations d’un couvent des Capucins du XVIIe siècle construit à Parthenay
  • Une carrière de granite ancienne et des bâtiments associés au couvent seront documentés avant destruction
  • Les vestiges seront recouverts par la construction d’un nouveau collège regroupant deux établissements

Un couvent disparu resurgit sous la cour

L’histoire commence par une campagne de sondages menée en 2025. Elle confirme la présence de vestiges liés à un ancien couvent des Capucins construit au XVIIᵉ siècle et vraisemblablement abandonné au milieu du XVIIIᵉ siècle. Une prescription d’archéologie préventive est alors décidée : la mission a été confiée à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), chargé de conduire l’ensemble des investigations archéologiques.

Sur le terrain, une équipe d’une dizaine d’archéologues et de techniciens est mobilisée afin d’étudier, documenter et préserver les traces du passé mises au jour. L’entreprise Eiffage Route intervient pour les opérations de décapage des terrains ainsi que pour la remise en état du site à l’issue des fouilles. L’opération archéologique concerne près de 4 500 m² et se déroulera en deux phases : l’été 2026 puis l’été 2027. Trois secteurs ont été identifiés, avec un intérêt archéologique spécifique pour chacun d’eux.

Ce chantier s’inscrit dans un projet plus large porté par le Département : regrouper les collèges Le Marchioux et Pierre Mendès-France sur un même site afin de créer un établissement moderne pouvant accueillir jusqu’à 700 élèves. Les deux bâtiments actuels datent, l’un de 1834, l’autre de 1938, tous deux rénovés en 1983.

Une carrière de granite et des tombes en réserve pour 2027

Le secteur 1 correspond à l’emplacement du futur restaurant scolaire et concerne une ancienne carrière de granite à ciel ouvert. Cette exploitation serait potentiellement liée à la construction du couvent des Capucins et apporterait des informations précieuses sur les matériaux utilisés à l’époque. Un simple bloc de pierre raconte ainsi comment les bâtisseurs du XVIIe siècle s’approvisionnaient à quelques mètres de leur chantier.

Le secteur 2 borde la grande cour actuelle du collège.

Il concerne les vestiges de bâtiments ainsi que les espaces extérieurs associés à l’ancien couvent. Le secteur 3, lui, n’a pas encore été ouvert. Il présente un intérêt particulier puisque des sépultures y ont déjà été repérées, et sa fouille est programmée pour l’été 2027.

Parthenay n’en est pas à sa première surprise archéologique. Sous l’ancien quartier du Sépulcre, des fouilles avaient déjà mis au jour une église qui a servi de chapelle funéraire, avec un grand nombre d’inhumations successives ainsi qu’un ossuaire. Le bourg conserve aussi tout un patrimoine hydraulique, fontaines et puits qui ouvrent la discussion sur l’accès à l’eau au Moyen Âge. Le couvent des Capucins vient allonger une liste déjà longue de strates enfouies sous la ville.

Étudier puis effacer : la logique de l’archéologie préventive

Ces fouilles ne visent pas à exposer durablement les vestiges au public. Leur rôle est de tout documenter, pierre par pierre, avant que le chantier du futur collège ne recouvre définitivement le site.

Le restaurant scolaire remplacera bientôt la carrière de granite.

En 2027, ce sera au tour du secteur 3 et de ses sépultures d’être fouillé, dernière étape avant les travaux de construction. Le collège actuel accueille aujourd’hui 292 élèves, contre 324 pour Mendès-France ; à terme, le nouveau site devra en recevoir jusqu’à 700. Les salles de classe du futur établissement reposeront ainsi sur les pierres d’un couvent disparu depuis près de trois siècles, sans qu’aucun élève n’en soupçonne la présence sous ses pieds.