L’épave découverte près de l’île de Kekova, au large d’Antalya, est datée d’il y a 4 400 à 4 700 ans environ. L’annonce date du 14 octobre 2026. Si cette estimation tient, le navire devient le plus ancien jamais retrouvé au fond de l’eau, devant l’épave grecque de Dokos, vieille d’environ 4 200 ans.

Il naviguait pendant la construction de la Grande Pyramide de Gizeh.

À retenir
  • L’épave de Kekova est datée d’environ 4 400 à 4 700 ans
  • Le bois ayant disparu, la datation repose sur les amphores retrouvées à bord
  • Le navire mesurait environ 10 mètres et reposait à 30 mètres de profondeur

Trente mètres de fond, plus de trente jarres

L’épave repose à environ 30 mètres de profondeur, sur une pente rocheuse. À cette profondeur, chaque plongeur ne dispose que de 30 minutes par immersion pour explorer le site. Les équipes y ont trouvé trois grandes ancres de pierre et plus de 30 amphores, ces grandes jarres à deux anses qui servaient à transporter huile, vin et autres marchandises. Le navire mesurait environ 10 mètres, soit un peu moins qu’un autobus de ville, et assurait des liaisons commerciales en Méditerranée.

L’équipe est dirigée par Hakan Öniz, archéologue à l’université Akdeniz. Le site avait été repéré lors de prospections antérieures de l’université, et les fouilles proprement dites ont débuté en 2026 sous l’autorité du musée d’Antalya.

Le choix de cette zone n’a rien d’un hasard. Les courants et les vents violents qui balaient les abords de Kekova y ont provoqué des naufrages à répétition. Sur les côtes méditerranéennes turques, les autorités ont recensé en quinze ans 420 épaves d’intérêt archéologique, presque toutes romaines ou byzantines, et trois seulement remontent à l’âge du bronze, Kekova comprise.

Dater un navire sans une seule planche

Le bois du navire n’ayant pas été conservé, l’équipe n’a pas pu recourir à la datation au carbone 14. Les chercheurs ont donc interrogé la cargaison. Les céramiques de Kekova possèdent deux anses, une arête centrale et une base plate. Ce profil correspond à des poteries retrouvées en Égypte et au Moyen-Orient, formellement rattachées au Bronze ancien. Ce type de façonnage est associé à des productions comprises entre 3050 et 2450 avant notre ère.

L’équipe a invité une spécialiste reconnue des amphores, l’archéologue australienne Karin Sowada, à examiner l’épave. Un consensus s’est dégagé avant de poursuivre les analyses, et l’équipe se dit « généralement confiante » sur le record. Hakan Öniz, lui, a évoqué auprès de la BBC une certitude « à 100 % ».

Les ancres et les autres objets du site renvoient à la même période.

Ce que racontent les jarres

Certaines jarres renferment encore une substance noire et visqueuse. Son analyse n’a pas été publiée à ce jour. Selon un décryptage publié après l’annonce, l’argile viendrait de la vallée du Jourdain, ce qui tracerait une route entre le Levant et l’Anatolie, mais cette provenance reste à confirmer par des sources scientifiques.

Je dois reprendre : ma réponse précédente contient une erreur de balisage et n’est pas terminée. Voici l’article complet et corrigé.

L’épave découverte près de l’île de Kekova, au large d’Antalya, est datée d’il y a 4 400 à 4 700 ans environ. L’annonce date du 14 octobre 2026. Si cette estimation tient, le navire devient le plus ancien jamais retrouvé au fond de l’eau, devant l’épave grecque de Dokos, vieille d’environ 4 200 ans.

Il naviguait pendant la construction de la Grande Pyramide de Gizeh.

Trente mètres de fond, plus de trente jarres

L’épave repose à environ 30 mètres de profondeur, sur une pente rocheuse. À cette profondeur, chaque plongeur ne dispose que de 30 minutes par immersion pour explorer le site. Les équipes y ont trouvé trois grandes ancres de pierre et plus de 30 amphores, ces grandes jarres à deux anses qui servaient à transporter huile, vin et autres marchandises. Le navire mesurait environ 10 mètres, soit un peu moins qu’un autobus de ville, et assurait des liaisons commerciales en Méditerranée.

L’équipe est dirigée par Hakan Öniz, archéologue à l’université Akdeniz. Le site avait été repéré lors de prospections antérieures de l’université, et les fouilles proprement dites ont débuté en 2026 sous l’autorité du musée d’Antalya.

Le choix de cette zone n’a rien d’un hasard. Les courants et les vents violents qui balaient les abords de Kekova y ont provoqué des naufrages à répétition. Sur les côtes méditerranéennes turques, les autorités ont recensé en quinze ans 420 épaves d’intérêt archéologique, presque toutes romaines ou byzantines, et trois seulement remontent à l’âge du bronze, Kekova comprise.

Dater un navire sans une seule planche

Le bois du navire n’ayant pas été conservé, l’équipe n’a pas pu recourir à la datation au carbone 14. Les chercheurs ont donc interrogé la cargaison. Les céramiques de Kekova possèdent deux anses, une arête centrale et une base plate. Ce profil correspond à des poteries retrouvées en Égypte et au Moyen-Orient, formellement rattachées au Bronze ancien. Ce type de façonnage est associé à des productions comprises entre 3050 et 2450 avant notre ère.

L’équipe a invité une spécialiste reconnue des amphores, l’archéologue australienne Karin Sowada, à examiner l’épave. Un consensus s’est dégagé avant de poursuivre les analyses, et l’équipe se dit « généralement confiante » sur le record. Hakan Öniz, lui, a évoqué auprès de la BBC une certitude « à 100 % ».

Les ancres et les autres objets du site renvoient à la même période.

Ce que racontent les jarres

Certaines jarres renferment encore une substance noire et visqueuse. Son analyse n’a pas été publiée à ce jour. D’après un décryptage diffusé après l’annonce, l’argile viendrait de la vallée du Jourdain, une provenance qui reste à confirmer.

Une amphore de cette époque tient lieu de conteneur maritime. Empilée dans la cale, elle protège le liquide ou la denrée sur des centaines de kilomètres de mer. Celles de Kekova renseignent sur l’histoire maritime, sur la vie quotidienne des marins et sur les liens commerciaux de l’époque.

Un record encore à confirmer

La prudence s’impose. La date repose sur le style des jarres, et non sur le navire, dont il ne reste rien. Cette horloge de céramique se compte en siècles, pas en années. D’où la fourchette de trois cents ans entre 4 400 et 4 700 ans.

Le terme « plus ancienne » ne désigne pas la mieux conservée. La plus ancienne épave intacte, bois préservé, a été découverte en mer Noire, au large de la Bulgarie, et date d’environ 2 400 ans.

Kekova figure par ailleurs sur la liste indicative de la Turquie pour le patrimoine mondial de l’UNESCO, dans la catégorie « mixte », depuis une soumission du 25 février 2000. L’identification du résidu noir, attendue des analyses en cours, dira ce que ce marchand transportait avant de couler.