La tour n’a pas encore attrapé de Ship. Le booster Super Heavy, lui, a été saisi en vol trois fois sur les treize vols d’essai de Starship. Après le vol 13, Elon Musk a jugé l’atterrissage de l’étage supérieur assez précis pour que les bras de la tour l’auraient attrapé.
Reste à comprendre comment ce ballet mécanique fonctionne.
- La tour Mechazilla mesure environ 146 mètres et sert aussi de grue d’assemblage.
- Ses deux bras de capture mesurent environ 36 mètres et s’écartent pour saisir la fusée par ses points d’accroche.
- Le booster a été saisi en vol à trois reprises sur treize vols d’essai.
- Le Ship redescend plus haut et plus vite que le booster, ce qui rend sa capture bien plus exigeante.
Une tour de 146 mètres, deux bras de capture et une grue
La tour Mechazilla de Starbase mesure environ 146 mètres, plus haut que la fusée qu’elle dessert. Elle sert aussi de grue d’assemblage, puisqu’elle empile l’étage supérieur sur le booster avant le lancement. Un bras de raccordement rapide fournit au Ship ergols, énergie et communications avant le décollage. Les deux bras de capture, surnommés « chopsticks », mesurent environ 36 mètres de long et dépassent 700 tonnes, d’après les données publiées sur le système.
Ces bras sont montés sur un chariot qui se déplace verticalement le long de la structure à quatre pieds de la tour. À l’approche de la fusée, ils s’écartent horizontalement, puis le chariot vient intercepter ses points d’accroche, les mêmes que ceux utilisés pour la soulever lors de l’empilage.
Pas de jambes de train, donc. Super Heavy n’est pas conçu pour se poser sur des jambes, contrairement au Falcon 9. Cette absence allège la structure du booster, un gain de masse que SpaceX met en avant pour rendre le système entièrement réutilisable.
Le booster, premier passé entre les baguettes
Le 13 octobre 2024, la tour a refermé ses bras sur un booster.
Ce jour-là, le booster s’est séparé du Ship à 70 kilomètres d’altitude pour entamer son retour vers le site de lancement. Il a rallumé trois de ses 33 moteurs Raptor pour freiner sa descente. Sept minutes après le décollage, il est arrivé sur la tour avec 13 moteurs allumés, puis a été saisi alors que trois seulement fonctionnaient. SpaceX avait prévenu que des milliers de critères liés au véhicule et au pas de tir devaient être remplis avant la tentative.
L’idée remonte à février 2022, quand Musk a présenté le concept de tour de lancement et de capture. Les bras ont ensuite été posés sur la tour de Boca Chica, avant d’être validés en conditions réelles lors du vol 5.
Les vols 7 et 8 ont suivi. Au vol 8, le booster a été capturé après un freinage final réalisé avec 12 des 13 moteurs centraux. Le vol 9 a ensuite réutilisé le booster du vol 7, et le vol 11 celui du vol 8.
Le Ship, une autre échelle de difficulté
Attraper le Ship demande bien davantage. L’étage supérieur redescend de beaucoup plus haut et à des vitesses bien supérieures à celles du booster, ce qui explique que SpaceX n’ait jamais tenté la manœuvre, malgré les annonces répétées de Musk après le vol 6.
Le vol 12 a servi de répétition.
Le 22 mai 2026, le premier empilement Block 3, composé du Ship 39 et du Booster 19, décollait du pas de tir 2 de Starbase. Le Ship devait y réaliser des manœuvres expérimentales simulant une trajectoire de capture. Il a rallumé deux de ses trois moteurs centraux avant d’amerrir dans l’océan Indien, environ 66 minutes après le décollage. Le booster a été détruit, et la FAA a déclaré l’incident un accident le 27 mai et immobilisé Starship le temps de l’enquête.
Le vol 13 a redressé la situation. Lancé le 24 juillet 2026 depuis Starbase, il a déployé 20 satellites Starlink V3, dont six équipés de caméras. Puis le Ship 40 est redescendu, s’est redressé et a pris une posture verticale juste avant de toucher l’eau, après une séquence de freinage moteur sans accroc.
Le vaisseau a ensuite basculé sans se désintégrer, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait réussi. Il a continué à transmettre images et télémétrie après l’amerrissage, puis a été remorqué jusqu’à l’île Christmas.
Ce que la capture change, et ce qui reste à prouver
Un booster capturé est reposé sur son support et son retournement commence aussitôt.
La méthode évite un site d’atterrissage dédié, et tout contact avec l’océan. Le même raisonnement vaut pour le Ship, dont la version V3 vise plus de 100 tonnes en orbite basse, près de trois fois la capacité de la V2. Musk avait toutefois posé en février 2026 une condition : deux atterrissages doux en mer réussis avant toute capture du Ship par la tour.
Le calendrier reste flou. Le 4 août, Musk visait la capture dès le prochain vol, puis il a parlé le 20 août d’un horizon de quelques mois, et Space.com envisage un vol 14 qui pourrait se dérouler sans tentative de capture.
Sources : x.com | foxweather.com


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